uSC#052 – EGO : l’hypothèse Gaïa

Une planète vivante : un concept farfelu issu d’une science-fiction débridée ?  EGO est en fait la planète qui cache la galaxie des bioverses. Il est un des nombreux archétypes précurseurs de la théorie de Gaïa qui pose l’idée que notre propre planète, dans sa globalité, se comporte comme un organisme vivant.

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Chic Planète  ?

Fin 1966, Stan Lee et Jack Kirby introduisent le « personnage » d’Ego the Living Planet  dans Thor v1 # 132/133.

Thor et le recorder, un androïde extraterrestre, pénètrent dans la galaxie noire dont personne n’est jamais ressorti. Au cœur de cette galaxie, qui semble elle aussi vivante, Thor fait face à la planète EGO.

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Cette planète vivante se présente à eux avec un visage humain pour mieux interagir avec ses hôtes. Lisant les pensées de Thor, il refaçonne sa surface pour en faire un environnement familier semblable à Asgard.

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Il voit dans la visite de Thor un ultime test avant d’envahir le reste de l’univers. Il se créé lui même un avatar humain qui parvient à mettre à terre le dieu du tonnerre.

Ego fabrique des anti-corps modelés à partir de Thor pour l’aider dans ses rêves de conquête, puis se désintéresse de son sort, satisfait de sa nouvelle armée. Thor et le recorder tentent de le stopper en le recherchant au cœur de la planète par ses pores et ses vaisseaux.

Ils sont ainsi considérés comme des germes et les anticorps ne tardent pas à les traquer. Thor utilise alors un puissant tonnerre pour se sortir de ce combat. Blessé et humilié, Ego préfère se murer définitivement dans la galaxie noire et oublie ses projets de conquête.

Enfin … jusqu’à ce que Galactus le retrouve (Thor #160-161) et décide d’en faire son casse-croute terrestre.

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Ego et ses tentacules vaincu par Galactus – Thor # 161 (1969)

La planète vivante ne devra son salut qu’à l’intervention de Thor. En guise de remerciement, Ego accueillera les derniers survivants d’une planète dévorée par Galactus, les Wanderers.

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Le EGO du Film « Guardians of The Galaxy Vol2 » est au final plutôt fidèle à sa version comics, tant au point vue du look et que sur ses motivations.

Dans les comics, EGO phagocytera les Wanderers  quelques temps plus tard, avant de partir à la conquête de l’univers hors de la galaxie noire. Cette galaxie vivante finira d’ailleurs par s’agglomérer pour donner naissance à un Céleste (Thor #424 – De Falco/Frenz)

Une planète vivante : un concept ancien … même pour Kirby

Certains font le rapprochement entre la saga d’EGO et le roman de SF polonais Solaris paru en 1961 qui met en scène une planète vivante capable de matérialiser les personnes défuntes à partir de souvenirs. Mais le roman n’est paru en anglais qu’en 1970. De même, on cite le film « Il pianeta errante » (War between the Planets) sorti également en 1966 mais le film, qui met en scène en planète vivante qui se dirige vers la Terre, ne sortira aux USA qu’en 1971.

Remontons 8 ans en arrière, en 1958, où parait Race for the Moon #3. On y trouve un court récit par Kirby qui raconte l’histoire de 3 astronautes qui atterrissent sur une planète inconnue et paradisiaque. Ils sont accueillis par une femme ravissante nommée Anizaar. Cette dernière peut parler leur langue car elle a lu dans leur esprits. Elle leur confesse qu’ils sont les premiers étrangers à venir la voir.

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« Garden of Eden » Kirby / Kirby/ / Williamson

Il les conduit vers une somptueuse demeure où le trio passe des journées très agréables jusqu’à ce que leur chef décide de partir, trouvant l’endroit trop parfait pour être honnête. A ces mots, flottant dans le vide, le visage d’Anizaar apparait soudainement et leur intime l’ordre de rester. La planète entière : flore, rochers, lave … tentent de les empêcher de rejoindre leur fusée. Ils réussissent néanmoins à partir.

Encore sous le choc, l’équipage réalise qu’il avait affaire un organisme vivant de taille planétaire capable de façonner sa surface pour satisfaire ses hôtes et les garder auprès de lui pour les étudier. « La nature n’est pas du genre à nous faire plaisir » affirme le capitaine. Cette planète vivante recevra sans doute de la compagnie des chercheurs quant il leur aura raconté cette rencontre.

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Dans les deux histoires d’EGO et d’Anizaar, on retrouve l’idée de solitude et de curiosité  de la planète, la possibilité pour elle de s’adapter et de changer de forme pour convenir aux attente de ses visiteurs, et la volonté de conquête. Ces 3 idées se retrouvent dans les récits impliquant une planète vivante qu’ils soient futurs ou passés. Car oui, le concept de planète vivante ou pensante n’est pas nouveau dans les récits de SF.

Mythologies et philosophies

Dès l’antiquité, les constellations sont représentées par des hommes ou des animaux, le soleil et la lune sont dotés de visages humains dans les illustrations du moyen-age. Bref, on associe très vite les astres avec le vivant.

Parallèlement les premiers philosophes grecs appréhendent l’univers comme un « tout » ordonné conférant un aspect divin à cette organisation naturelle. Plusieurs siècles plus tard (XVIIème) , Spinoza fera également le rapprochement entre Dieu et la nature. A la même époque, Johannes Kepler sera le premier à appréhender la Terre à un « organisme rond et unique ». 2 siècles auparavant, Leonard De Vinci tentait déjà des analogies entre les fonctionnements du corps humain et celui de la planète. Ralph Waldo Emerson et Henry David Thoreau, deux philosophes américains du XIXème siècle perpétuent cette idée faisant de la Terre une créature vivante. Emerson ira plus loin en jugeant que l’homme en exploitant les ressources de la planète s’est rabaissé spirituellement.

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Journal « Le Rire » – « un coup de Tête » – 1910

SF & Pulps : Planètes vivantes et Galaxie hostile

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Little Nemo in Slumberland – 1905

Il ne faudra pas longtemps aux auteurs de science-fiction pour s’approprier ces idées et les développer dans plusieurs directions. En voici quelques exemples non exhaustifs.

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Au cinéma aussi : De la Terre à la Lune – George Méliès – 1902

En 1912 parait « The Triuneverse » par R.A. Kennedy. L’auteur Anglais y pose l’idée que chacun atome est un univers et que notre propre univers n’est qu’un atome d’un univers encore plus grand. Il y développe également le concept de planète vivante : Mars se reproduit ainsi en par fission jusqu’à se que ses clones finissent par dévorer tout le système solaire.

En 1931, c’est encore une planète conquérante et cannibale , Alcoreth,  qui est présentée dans « The Menace from Andromedamenacefromandromeda«  par Nat Schachner and Arthur Leo Zagat (1931- Amazing stories). Alcoreth est un fait plus un organisme protoplasmique et intelligent qui s’est développé à la surface d’une planète. Sentant que ses ressources s’épuisent, Alcoreth envoie des spores dans l’univers à la recherche de planètes hôtes pour se développer. Une des spores arrive sur Terre et commence à dévorer la planète avant qu’un scientifique ne trouve une solution pour la stopper sous la forme de cellules cancéreuses.

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The Living Galaxy -(1934 – Wonder Stories Vol6 – n°4) – La galaxie tente d’attraper un vaisseau avec ses tentacules.

Arthur Conan Doyle écrit en 1932, une nouvelle « When the world screamed » où un scientifique creuse le manteau terrestre pour atteindre « l’épiderme » de la Terre  pour prouver que la Terre est un organisme vivant. La planète y est comparée à un oursin et la faune et la flore à des algues qui s’agglutinent à sa surface. Toujours en 1932, un chercheur se met en quête de localiser la cerveau de la Terre qu’il croit être un organisme vivant (The Earth Brain – Edmond Hamilton).

Dans « Born of the Sun » (1934) , Jack Williamson envisage les planètes comme des œufs autour  d’un soleil vivant.  Laurence Manning voit encore plus grand en présentant une galaxie vivante et belliqueuse dans « The Living Galaxy » (1934).

On met enfin les pieds sur une planète vivante en 1949 Murray Leinster publie dans Thrilling Wonder Stories, une courte histoire « The Lonely Planet« . Le récit reprend l’idée d’un organisme protoplasmique recouvrant une planète entière. Au fil des siècles, cet organisme, Alyx, prend conscience de sa propre existence. Elle assiste curieuse à l’arrivée d’hommes à sa surface avec qui elle parvient au fil du temps à communiquer télépathiquement. Ainsi, elle peut moduler sa surface pour leur offrir l’environnement qu’ils désirent. Les siècles passant, la planète devient de plus en plus indépendante prenant l’ascendant sur ses hôtes.

Ray Bradbury pousse le concept dans « Here There Be Tygers » (1951), il reprend le thème d’une planète qui répond au désir des astronautes qui se posent sur son sol. L’environnement est paradisiaque, l’eau a la gout de vin pour se qui le souhaite. La pluie les contourne ou tombe directement dans leur bouche s’ils ont soif. Ils peuvent même voler s’il l’imaginent. Néanmoins, la planète se montre hostile envers le géologue qui est venu pour exploiter ses richesses jusqu’à l’épuisement.

Les astronautes finissent par ne plus avoir envie de partir d’autant qu’il comprennent que cette planète héberge aussi des potentielles compagnes. Ils se décident malgré à quitter ce paradis et constatent que l’environnement devient infernal : tremblements de terre, irruptions volcaniques, tempêtes, tsunamis, la planète se comporte comme une femme éconduite.

L’analogie avec l’histoire de Kirby de Race For The Moon et la planète Anizaar (et à travers elle celle d’EGO) est frappante. Il est possible qu’il ait lu cette histoire mais « Here there’s be tygers » parait en 1951 (et en 1953 dans une version originelle moins aboutie) et ne sera pas rééditée avant 1959 c’est à dire un an après Race for the Moon  #3.

L’histoire n’en reste pas moins particulièrement intéressante, pas tant par l’idée d’une planète vivante, que par son discours écologique rare pour l’époque (1951). Le discours d’introduction du géologue est assez éloquent :

« You have to beat a planet at its own game, » said Chatterton. » Get in and rip it up, kill its snakes, poison its animals, dam its rivers, sow its fields, depollinate its air, mine it, nail it down, hack away at it, and get the blazes out from under when you have what you want. […] Tear their skin off, I say. Drag out the minerals and run away before the nightmare world explodes in your face. That’s the way to treat them. »

« Vous devez battre une planète à son propre jeu. Attrapez là, dépecez-là, tuez ses serpents, empoisonnez ses animaux, canalisez ses fleuves, semez ses sols, dépollinisez son air, écrasez-là, attaquez-là et brulez-tout quand vous avez obtenu ce que vous vouliez […] Arrachez sa peau. Épuisez-ses minéraux et partez avant que le cauchemar ne vous explose au visage. Voilà comment il faut les traiter »

« Here There Be Tygers » a failli être adaptée dans la série TV « The Twilight Zone » mais le projet fut abandonné faute de moyens. Il faudra attendre 1990 pour la voir portée à l’écran dans « The Ray Bradbury Theatre« .

Dans les comics aussi, les planètes sont vivantes.

La science-fiction d’avant-guerre a bien défriché le terrain et les comics poursuivront le chemin tracé en suivant les 3 sillons : une planète conquérante, une planète polymorphe et surtout une planète solitaire.

1940 : Dans Fight Comics # 10, le Spy Fighter combat trois planètes vivantes … enfin plutôt trois monstres anthropoïdes. Le héros ira secourir les astronautes perdus à l’intérieur du corps de ces « planet-monsters ».

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1944 : Superman Dailies. Superman rencontre Monsieur Lune qui se sentant seul a fait venir à lui des habitants de la Terre. Il s’agit en fait d’un rêve de Susie, la nièce Loïs Lane. (merci à John Snoopy pour avoir chercher les détails dans ses archives ^^)

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Superman Daily – Whitney Ellsworth/Wayne Boring

1951 : Strange Adventures # 6 – « The Vampire World » (Mann Rubin /Cresto). Une planète tentaculaire vole toutes les ressources naturelles des USA : diamants, or, pétrole, charbon …

1958 : Race for the Moon #3 – « Garden of Eden » par Kirby dont nous avons parlé plus haut.

1960 : Mystery In Space #60 -The Attack of the Tentacle World! (Gardner Fox/Carmine Infantino) Adam Strange est confronté à Yggardis : une planète vivante, née du big bang, qui cherche désespérément à acclimater des espèces vivantes sur son sol.

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Malheureusement toute faune meure au bout 24 heures et Yggardis est toujours seule. Adam Strange découvre que ce sont les ondes cérébrales de la planète qui tuent toute vie à sa surface. Pour résoudre la problème, Strange sépare « le cerveau » du reste de la planète qui pourra à terme accueillir la vie. (Yggardis reviendra 25 ans plus tard dans DC comics presents #77-78.)

1961 : Journey Into Mystery # 68 (Lee/Kirby) 1962 : Tales To Astonish # 27 (Lee/Ditko)

Variations autour de la planète vivante avec Spragg the Living Hill et les rochers vivants de Ditko

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1962 : Amazing Adult Fantasy #10 – No Sign Of Life (Lee / Ditko)

Des explorateurs tombent sur une planète apparemment déserte .. jusqu’à leur départ.

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1963 : Green Lantern # 24 « The Strange World Named Green Lantern ! » (John Broome / Gil Kane) Green Lantern rencontre une planète qui tente maladroitement de communiquer avec lui.

Ses tentatives passent pour des menaces d’autant qu’il fait apparaitre les ennemis du héros.

La planète réussit à lui parler directement et lui explique qu’il cherche désespérément un être comme lui depuis des millénaires. De plus une masse de magma en son cœur menace de la faire exploser. Green Lantern parvient à extraire cette masse qui prend la forme d’une seconde planète. La planète est donc guérie et a enfin trouvé un compagnon.

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 On retrouve dans cette histoire, la possibilité pour la planète transformer sa surface selon le désir de ses visiteurs et la solitude inhérente à son statut unique, des traits communs avec « Here There Be Tygers » et « Garden of Eden ».

On peut également citer, Kathulos, une planète vivante de l’Age Hyborien, ennemi de Dr Strange (Marvel première #8 – 1973). « The Topographical Man » dans Marvel Presents #4 (1976). « he-who-searches-yet-survived » dans Battlestar Galactica #10 (1978). La Dark Galaxy dans les pages de ROM (1982).

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Mogo le green Lantern (Green Lantern #188 – 1985), Alan Moore explique que Mogo ne cherche pas compagnie car son champ de gravité perturberait celui des autres planètes, créant des cataclysmes. Et le Living Monolith qui deviendra un temps une « living planet » (Marvel Graphic Novel #17 (1985).

Les comics nous ont également pondu bon nombre de Golems Cosmiques, dérivé du concept de planète vivante…

Depuis, on retrouve des planètes vivantes un peu partout : de Star Wars à Star Trek et de Futurama aux Transformers.

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Ego « réveille » la Terre (Exiles #53 – Bedard/Calafiore)

La Terre comme un super-organisme : L’hypothèse Gaïa.

Au cours des 19ème et 20ème siècle, il devient de plus en plus évident que la Terre est milieu vivant fait de cycles qui interagissent entre eux. Les scientifiques appréhendent de mieux en mieux les complexités des écosystèmes et les phénomènes d’autorégulation planétaire. L’idée que la Terre est une sorte de méta-organisme composée, entre autre, de la faune et de la flore est formulée de plus en plus précisément par les travaux de Vernadsky et les couches écologiques et ceux de Walter Cannon et le concept d’homéostasie.

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C’est l’ensemble de ces travaux qui permettent, en 1970, à l’écologiste James Lovelock d’affirmer une hypothèse controversée :  la Terre serait « un système physiologique dynamique qui inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d’années en harmonie avec la vie » : L’hypothèse Gaïa*. (*déesse grecque symbolisant la Terre)

Portée par le mouvement écologiste en plein envol à l’époque, la thèse de Lovelock bien que critiquée trouve des échos favorables que cela soit d’un point de vue scientifique ou spirituel.

Cette hypothèse est déclinée en plusieurs théories principales

  • Les êtres vivants ont une influence sur la totalité de la planète
  • L’écosphère s’auto-régule  et « l’existence de chaque être vivant est alors supposée régulée au profit de l’ensemble de l’écosphère »
  • « Le système autorégulé constitué par la totalité des êtres vivants (biomasse) et des constituants non vivants composant la masse totale de la Terre possède des mécanismes internes pouvant le faire considérer comme un être vivant. »
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Thor dans le corps d’un Céleste (Thor #388)

Nous ferions ainsi partie, comme l’ensemble du règne animal, d’un super-organisme. On peut faire une analogie grossière avec les mitochondries de nos cellules qui sont supposées avoir été des organismes à part entière avant d’être intégrées symbiotiquement aux cellules du corps.

 

De fait, en créant EGO en 1966, Kirby se plaçait sans le savoir dans une continuité philosophique et scientifique qui ne serait popularisée que 4 ans plus tard par l’Hypothèse Gaïa.

 

 

Epilogue : Starlord Vs The Living Planet

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Marvel Premiere #61 « Planet Story »

L’un des rares comics qui parle directement d’écologie et impliquant une planète vivante met également en scène Starlord : Marvel Premiere #61 (August 1981)- Doug Moench / Tom Sutton. Il s’agit du dernier numéro de la série, de l’avant dernière apparition de Starlord avant son retour dans les ’90s. C’est sans doute une des meilleures histoires du personnage contée de 3 points de vue différents.

Dans « Planet Story », Starlord atterrit sur une planète qui parait déserte. Pourtant des vestiges d’une ancienne cité lui font comprendre qu’elle a été un jour habitée par une forme de vie intelligente.

 

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Il doit rapidement faire face à des phénomènes hostiles comme des tremblements de terre, des éclairs, des bourrasques de vents … Il trouve refuge dans une « grotte de racines » où il découvre un projecteur holographique qui lui explique pourquoi les habitants de cette planète ont disparu.

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Les premiers habitants ont d’abord fui la forêt où nombre d’entre eux trouvaient la mort, absorbé par un monstre végétal. Ils ne tardèrent pas à développer l’agriculture et des citées de plus en plus imposantes, puis vint l’age de l’industrie qui les libéra de leur environnement hostile.

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 Pourtant quelque chose finit par gripper cette belle mécanique. La nourriture manqua. Les aliens tentèrent bien de créer de la nourriture de synthèse mais sans succès. Une période de guerre civile s’en suivit qui poussa les dernières survivants à fuir à bord d’un vaisseau spatial.

Encore sous le coup de cette vision, Starlord est attrapé par des tentacules qui se greffent sur son cerveau pour lui montrer une autre version de l’histoire : celle de la planète.  Elle commence par lui montrer qu’elle ne l’a pas attaqué à son arrivée mais qu’elle a seulement tenté maladroitement de communiquer avec lui.

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Elle lui explique que la race d’Alien qu’il a vu était une des espèces qui est apparue à sa surface longtemps après sa propre naissance. Cette espèce a rapidement souhaité s’extraire du cycle naturel de la planète. Refusant de servir de nourriture, elle a fui la forêt, a commencé à prendre à la nature sans donner à son tour jusqu’à l’épuisement des ressources.

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 Dans leurs cités, les aliens oublièrent d’où ils venaient, leur lien avec la nature. Gavés de nourriture artificielle, ils devenaient eux-même comme étrangers à leur propre planète. Incapable de faire machine arrière, ils préférèrent quitter leur monde natif pour d’autres planètes.

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Starlord comprend mieux la situation mais refuse malgré tout de servir de nourriture à la planète et prend la fuite. De nouveau esseulée et sans source d’énergie, elle supplie qu’on l’achève plutôt que devoir encore vivre ainsi.

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De retour dans son vaisseau, Starlord songe d’abord à détruire cette planète qu’il juge monstrueuse mais se ravise sur les conseils de son vaisseau.

L’histoire fait à la fois penser à la première partie de Green Lantern # 24 avec cette tentative d’approche trop exubérante de la planète. La seconde partie est évidemment une allégorie des dérives de la civilisation. De cette volonté pour l’Homme de s’affranchir de la nature et de ses lois et au final de sa propre mort.

 Si notre planète est effectivement un seul super-organisme qui tend à l’auto-régulation, on peut s’interroger sur la place qu’y occupe une humanité qui épuise les ressources, pollue et dérégule les écosystèmes. L’Homme a-t’il vraiment sa place dans ce meta-organisme ou est-il une sorte d’anomalie, une mutation perturbatrice de ce grand tout ?

Quoiqu’il en soit, que nous faisions ou pas partie intégrante d’un « super organisme », il est toujours bon d’avoir en tête que notre destinée est intimement liée à celle de la planète.

Sim Theury

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